|
Patrimoine naturel et culturel
Du point de vue des milieux et des espèces, le bassin de la
Dordogne présente un patrimoine riche, diversifié et
particulièrement préservé. La présence de plusieurs espèces
emblématiques en témoigne : l’esturgeon européen, le saumon,
la
loutre...
La Dordogne est également un site naturel d’importance
communautaire inscrit à Natura 2000. Ainsi, le lit, les îles
et la
végétation de la rivière doivent être préservés de toute
dégradation.
Large, puissante, généreuse, pas timide pour un sou,
la rivière Dordogne aime à se montrer et à se laisser
approcher — mieux, elle vous invite à la suivre ! Alors,
laissez-vous porter par ses flots, au rythme des gabares qui,
jadis, l’empruntaient à la remonte vers le “Haut Pays” ou,
dans le sens du courant, jusqu’au port de Bordeaux.
D’Urval
à Lamothe-Montravel, nous vous proposons un voyage en
quatre étapes qui vous fera mieux connaître cette voie d’eau
royale, riche d’un patrimoine naturel, économique et
historique exceptionnel. Embarquez sur la Rivière Espérance !
D’Urval à Mauzac
En
pénétrant en Pays de Bergerac à la hauteur du village d’Urval,
fier de son
église fortifiée et d’un four
banal remarquable, la Dordogne s’élargit et se fait plus
langoureuse.
Entre Le Buisson-de-Cadouin et
Lalinde, ses eaux claires ont
patiemment sculpté la roche jusqu’à former de magnifiques
méandres bordés de falaises : le
cingle de Limeuil et le cingle de Trémolat. Paysages grandioses, panoramas majestueux
sur les plaines d’Alles-sur-Dordogne et de Calès : au creux de
ces deux boucles, quasi parfaites, les cultures de tabac,
fraise, maïs, blé ou tournesol dessinent un “patchwork” aux
couleurs changeantes.
À
Limeuil, classé parmi les plus beaux villages de France, la
Dordogne se gonfle des eaux de la Vézère. Du haut du
parc
panoramique, site de l’ancien château fort, on peut admirer
les toitures et les rues du village dégringolant en cascade
vers le confluent, qui fut lieu portuaire stratégique au temps
de la batellerie.
Prévoyez une halte prolongée à
Trémolat, le temps d’admirer
les coupoles et peintures murales de l’église abbatiale et la
chapelle Saint Hilaire avant d’emprunter la route pittoresque
qui conduit au panorama de Rocamadou. Au pied de la falaise,
la rivière offre le gîte et le couvert à une gent ailée fort
nombreuse car l’endroit est tranquille :
canard, héron, milan,
martin-pêcheur,
cygnes,
foulque macroule, cormoran, grèbe, aigrette... Et voici le vaste
plan d’eau de Mauzac, où la Dordogne bute sur un
barrage
édifié au début du XXe siècle - dans la maison du passeur, à
l’extrémité du
port, on y retrace son histoire.
Au temps de la batellerie
De Mauzac à Bergerac
De l’autre côté du port, une écluse marque l’entrée du
canal
latéral à la Dordogne : construit au milieu du XIXe siècle,
cet ouvrage d’une quinzaine de kilomètres permettait aux
gabares de rallier Tuilières en toute sécurité en évitant les
redoutables rapides du Grand Thoret, de la
Gratusse et des
Pesqueyroux et le légendaire dragon, le
Coulobre.
À l’heure des hautes eaux, à la descente et à la remonte,
défilaient ici les lourds chargements de bois, grains, papier,
fer et vins produits dans la région, ou bien de sel, sucre et
épices aux origines forcément exotiques…
Mais, quelques décennies seulement après sa mise en service,
le chemin de fer remplaça la voie d’eau, les élégantes
embarcations cédèrent la place aux trains, les gabariers se
firent cheminots…
La fin, brutale, d’une longue période de traditions et
d’aventures, voire de drames...
Bel endormi, le
canal
témoigne de ce que fut la Dordogne
batelière grâce à un chemin de randonnée qui, partant de
Mauzac, visite la
bastide de Lalinde, le bassin de
Port-de-Couze, le port et le pont-canal de
Saint-Capraise-de-Lalinde avant d’aboutir au
barrage de
Tuilières ; ici, grâce à un ingénieux
escalier d’écluses, le
canal
rejoignait la rivière. On y trouve aussi un étonnant
ascenseur réservé aux poissons migrateurs, et un
parcours
d’interprétation évoquant l’histoire du
canal
et des gabares.
Au cœur du Bergeracois
De Bergerac à Port-Sainte-Foy
L’histoire
de
Bergerac est indissociable de la Dordogne car si la ville
s’est développée autour de son château, aujourd’hui disparu,
c’est bien au
port que se situait son cœur — un cœur gros
comme ça, battant la chamade au rythme des escadres de gabares
qui y accostaient. À deux pas du port, les rues de la ville
ancienne invitent à flâner parmi tant de belles architectures
et de lieux d’histoire : cloître des Récollets,
maison des
vins de Bergerac,
église Saint-Jacques,
église Notre Dame,
musées du
tabac,
Costi ou de la
batellerie…. Et optez pour la
balade en
gabare
sur la rivière : c’est un autre moyen
agréable de découvrir la cité, la cerise sur le bateau ! Quant
au chemin de halage, il permet aujourd’hui de randonner le
long des berges jusqu’au
barrage de Bergerac, puis de rallier
Prigonrieux et même de pousser plus loin encore vers l’aval.
Niché au fond du cingle qui porte son nom, le
village du Fleix
abrite d’autres témoins de l’activité batelière, notamment une
cale et des
maisons à pans de bois dont certaines ont été
édifiées avec des planches et pièces de charpente récupérées
lors du démontage des gabares…
Entre vignes et histoire
De Port-Sainte-Foy à Lamothe-Montravel
Face
à la bastide de Sainte-Foy-la-Grande,
Port-Sainte-Foy abrite
le
musée du fleuve et du vin de la Dordogne, qui raconte la
rivière, le commerce des vins de Bergerac au temps des
gabares, leur exportation vers l’Angleterre et la Hollande.
Puis la Dordogne continue son chemin au travers de coteaux
quadrillés par les vignes jusqu’à Montcaret, où sont conservés
les vestiges et les précieuses mosaïques d’une
villa
gallo-romaine. Pour se rendre à la
Tour de Montaigne, il faut
ensuite quitter la vallée de la Dordogne et suivre l’un de ses
affluents, la Lidoire, qui fut un temps frontière entre
obédiences protestante et catholique.
L’écrivain
Michel Eyquem de Montaigne vécut dans cette belle
demeure, y rédigea ses fameux ‘Essais’ et y mourut.
Si la bataille du 17 juillet 1453 (qui permit à l’ost
française de bouter définitivement les Anglais hors du
Royaume) a donné son nom à la cité girondine de
Castillon-la-Bataille, c’est en réalité sur la commune de
Lamothe-Montravel qu’elle se déroula. Sur la berge de la
Dordogne, une stèle précise que Sir John Talbot, le chef du
parti anglo-gascon, trouva la mort dans la mêlée; elle nous
rappelle aussi qu’en ces temps anciens, les Anglais
vendangeaient l’Aquitaine !
Visites virtuelles à 360° :
Trémolat (24) : le Cingle
Lalinde (24) : le Saut de la Gratusse
La Dordogne depuis la gabare à Bergerac
(24)
Ste-Foy-la-Grande (33) : façade fluviale
L’homme et la rivière
Les rivières sont le support de multiples usages. Les cours
d’eau sont, avec les nappes d’eaux souterraines qui les
accompagnent, les lieux d’approvisionnement pour l’eau
potable. Elles fournissent aussi du poisson qui a longtemps
été une ressource alimentaire essentielle pour les populations
riveraines. Les cours d’eau sont également exploités pour leur
potentiel énergétique : les moulins utilisaient autrefois la
force motrice de l’eau pour actionner divers mécanismes ;
aujourd’hui les barrages produisent 15% de l’électricité
française. Les fleuves et rivières sont de plus sollicités
pour l’irrigation, pour l’industrie, ils sont utilisés comme «voies d’eau» pour la navigation et le transport fluvial et
ils reçoivent les eaux usées. Ils attirent enfin un public de
plus en plus nombreux en quête d’activités de loisir, de sport
et de découverte, générant ainsi une importante ressource pour
le développement. Ces activités, parfois concurrentes sur un
même territoire doivent pouvoir coexister et se partager une
même ressource.
|
|