|
Ramon Xuriguera (1901-1966)
Ramon Xuriguera naît le 3 avril 1901 en pays catalan à
Menàrguens.
Ses premiers écrits sont publiés en 1914 dans le Bulletin du
Liceu escolar dont l'un des titres est « los horrores de la
guerra », une réflexion à chaud sur la Première Guerre
mondiale.
Au début du XXe siècle, la ville de Lérida (Lleida) connaît un
essor intellectuel considérable : le Noucentisme ou Génération
de 1900. Ramon collabore à de nombreuses revues comme critique
littéraire : « Lleida, El País, Renaixament, la Dona
catalana ». Il se passionne pour le cinéma.
Photo
prise avec son frère Jean-Baptiste (à droite)
devant
l’église Notre-Dame à Bergerac
La dictature de Primo de Rivera l’oblige à s’exiler à Paris où il devient professeur d'espagnol
à la Sorbonne et rencontre sa future femme Henriette Guitard,
originaire de Mouleydier.
Il se réunit avec les intellectuels espagnols et catalans au
café « La Rotonde » à Montparnasse : Francesc Macia,
Eduardo Ortega y Gasset, Joseph Pla, Carles Esplà et leur
président, Miguel de Unamuno. Il aura pour amis des
intellectuels français comme Jean Camp, directeur de la revue
« Contacts ».
Après la chute de la dictature, Xuriguera revient à Lérida et
devient le secrétaire particulier du président de la «
Generalitat de Catalunya ». Il écrit « Espills dormits
», illustré par Emili Grau-Sala qui exposera ses oeuvres à
Bergerac grâce à Ramon. Il épouse Henriette le 17 décembre
1934, dont la tante, Mme Alary, tenait un petit commerce à
Mouleydier. Son fils unique, Gérard, naît en 1936 peu avant la
guerre civile en Espagne.
Pendant cette période difficile, il écrit beaucoup : «
L'Avenir du roman catalan, Presència de Catalunya, La
Répression contre les ouvriers de Catalogne ». En juillet
1937, il publie en quatre langues : « Goya, pintor del
poble », brève monographie illustrée de photos de
destruction du village natal du peintre, Fuentetodos.
En 1938, deux de ses frères, Pere et Pau, sont tués. Ramon
part pour Paris quatre jours après la chute de Barcelone, le
30 janvier 1939. Dès juillet 1939, il se rend à Mouleydier.
Il s'occupera du magasin de sa tante. Ce brillant lettré
connaîtra de nouveau les atrocités de la guerre. Sa maison et
ses manuscrits seront incendiés par la 11e Panzer division de
la Wehrmacht. Il réussit à sauver un manuscrit, « Els
Astruc* », et les traductions en catalan du « Grand
Meaulnes » d'Alain Fournier et des « Mémoires » du
cardinal de Retz. Ces ouvrages ne seront jamais publiés.
Il écrit « Tres nits » à Bergerac en 1944. En 1950, il
achète une maison, rue Thiers, et devient citoyen de la ville
de Bergerac.
Il fréquentera le milieu bergeracois des arts et lettres et
organisera des expositions sur l'art sacré, sur Grau-Sala....
Il collabore avec la presse française, locale ou occitane : le
Démocrate, la République, le Gai Saber, la France Latine... et
donnera de nombreuses conférences : « les concepts
fondamentaux de l'art, les grandes écoles de la pensée,
l'esthétique ». Ses amis sont Bernard Lesfargues, Philippe
Brial, M. Fray...
« Jacint Verdaguer. L'home i l'obra » est un essai sur
un grand poète catalan, oeuvre que Xuriguera porta en lui
pendant un demi-siècle et mettra dix ans pour l'écrire, de
1945 à 1955. L'ouvrage ne sera publié qu'en 1971 grâce à la
ténacité de son frère Joan Baptista, soit cinq ans après sa
mort.
Ramon Xuriguera meurt le 22 août 1966 et il est enterré dans
le cimetière Beauferrier (allée C1). Le Démocrate sera le
premier à faire son éloge funèbre : « Un ami nous a quitté (5
octobre 2006). »
Cet homme, décrit comme élégant et très cultivé, sera brisé
intellectuellement par deux conflits majeurs : la Guerre
d'Espagne et la Deuxième Guerre mondiale.
Bibliographie :
Camps i Arbós, Josep. Ramon Xuriguera (1901-1966) : ideologia,
activitat cultural i literatura. Universitat Autonoma de
Barcelona, 2004 (Thèse)
Cottin, Nathalie. Gérard Xuriguera, l'exception culturelle :
une vie dans l'art. Paris : Toute Latitude, 2007
Lesfargues, Bernard. Nombreux articles
Un dossier sur Ramon Xuriguera a été constitué à l’occasion
d’une exposition « une ville, une œuvre » à la bibliothèque
municipale de Bergerac en octobre 2006.
Ghislaine
Faurie-Lajonie
* - Ce roman se déroule dans la région Bergeracoise
|
|