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Isabeau de Limeuil (1531 - 1609)

Isabeau de Limeuil est née du mariage de Gilles de la tour, seigneur de Limeuil, et de Marguerite de la Cropte, dame de Lanquais.
Mademoiselle de Limeuil, Isabeau de la Tour de Turenne, avait seize ans à peine en 1561 quand Catherine de Médicis, dont elle était une cousine éloignée au cinquième degré (les deux femmes étaient issues de la famille De La Tour d'Auvergne), Reine-Mère et Régente du royaume la manda à la cour pour y être à son service en qualité de demoiselle d’honneur.
Que leur fille ait été choisie par la reine, voilà qui mettait les Limeuil en renom. Déjà les dames bourgeoises, devisant par petits groupes, commentaient cette merveilleuse nouvelle avec une fierté nuancée d’une pointe d’envie. Isabeau de Limeuil était d'une grande beauté selon ses contemporains, et la jeunesse seigneuriale du pays s’attristait à la pensée de voir s’éloigner pour toujours cette beauté blonde aux yeux bleus et de ne plus être sous le charme d’un inoubliable sourire.
Mais Marguerite, dame de Limeuil, s’inquiétait des mœurs de la cour que l’on disait fort libres et du long voyage de sa fille, car les routes étaient peu sûres et les temps incertains. Bientôt pourtant l’animation fut grande au château et dans la petite ville, puis vint le jour du départ.
Alors s’ouvrit la grande poterne du château et l’on vit sortir au son des trompes, sur les lourds chevaux harnachés en parade, le seigneur Gilles et ses gardes du corps, puis la gracieuse demoiselle Isabeau dans la litière de voyage marquée aux armes des La Tour : écu droit écartelé, aux un et quatre semé de France à la tour d’argent qui est la Tour d’Auvergne, aux deux et trois cotisé d’or et de gueule qui est de Turenne sur le tout d’Auvergne, d’or au gonfanon de gueules, frangé de sinople et timbré d’une couronne ducale (1)
Pour les besoins particuliers de sa politique, le Reine Mère avait toujours autour d’elle un essaim de dames et de demoiselles d’honneur séduisantes. On les voyait partout dans le froissement de leur soieries, bourdonnantes ou insinuantes et toujours légères ; on les appelait « L’escadron volant ». Choisies à dessein pour cette finesse d’esprit propre à certaines femmes et qui est tant redoutée des hommes, les plus perspicaces aux amours comme à la guerre s’y laissant prendre les premiers, elles avaient pour mission de démasquer par les jeux de la galanterie les projets des intrigants. La consigne était de séduire mais de ne rien donner ; que si l’on se trouvait poussée dans un retranchement, faire ce qu’il convenait pour sauver les apparences afin qu’aucune suite désobligeante ne révélât la joute où l’honneur féminin avait succombé au plaisir de vivre.
Isabelle de Limeuil aurait été successivement la maîtresse de Claude d'Aumale (troisième fils du duc de Guise, Claude de Lorraine) puis de Florimond Robert II (neveu du premier Florimond Robert qui fut le trésorier et l'ami de François Ier). Il est à noter que Florimond II était déjà secrétaire d'état à l'âge de 26 ans, mais surtout était une "créature" des Guise.

Liaison avec le prince de Condé

C'est peut-être "sur ordre" de la reine Catherine qu'elle devint aussi, vers 1562, la maîtresse de Louis Ier de Bourbon, prince de Condé (qui était frère du roi de Navarre, Antoine de Bourbon et donc l'oncle du futur roi Henri IV). Isabelle avait alors 27 ans et était une des plus séduisantes demoiselles de la cour. Condé en devint fort épris. Cette liaison aurait eu pour but de détourner le prince de Condé de son rôle de chef des troupes huguenotes. En juillet 1563, Condé perdit sa première épouse Eléonore de Roye, année où naquit un fils illégitime de sa liaison avec Isabelle de Limeuil. Cette naissance produisit grand bruit à la cour car elle se déroula lors d’un déplacement de la reine à Dijon et ne put ainsi être cachée. Écartée par la reine qui montra sa réprobation, elle fut envoyée un temps au couvent des Cordelières d’Auxonne avant d'être finalement libérée.

Le prince de Condé se désintéressa par la suite d'Isabelle ainsi que de leur enfant, car il souhaitait se remarier après son veuvage. Or Isabelle n'était pas d'une noblesse suffisamment élevée pour devenir la seconde épouse du prince Louis 1er de Condé qui était un descendant du frère du roi Saint Louis et également le beau-frère de la reine de Navarre, Jeanne d'Albret, elle-même nièce du défunt roi François Ier... En outre, les chefs huguenots ne tenaient pas à ce que la prince épouse une catholique, Isabelle, et préconisait une alliance avec une protestante. Délaissant définitivement Isabelle de Limeuil, il épousa donc en 1565 Françoise d'Orléans Longueville, de très haute noblesse et fort belle femme, et protestante. Isabelle de Limeuil ne pardonna jamais à son amant. Quant ce dernier fut assassiné à Triac, à la fin de la bataille de Jarnac, Isabelle vint contempler le corps qui avait été exposé sur une table au Château de Jarnac. Elle n'eut qu'un seul mot envers Condé : " Enfin !"


Madame de Sardiny

Isabelle "fit une fin". Il lui fallait bien mettre terme à cette vie mouvementée qui causait quelque scandale. Elle épousa en 1567 le richissime financier italien de Catherine de Médicis, Scipion Sardini qui avait neuf ans de plus qu'elle. Si ce mariage apparaît plutôt dicté par la raison (Isabelle était une fille qui avait "fauté" et ne pouvait plus prétendre à un beau parti de haute naissance), il n’en confirme pas moins que d'Isabelle auprès de la reine fut de courte durée. Dans ce mariage, on peut voir, l'entremise - "la patte" - de la reine mère qui faisait d'une pierre deux coups : elle récompensait son fidèle Sardini qui épousait ainsi une des plus belles femmes de son temps et sa cousine Isabelle était enfin casée. Scipion Sardini était à cette époque l'un des hommes les plus riches de France. La monarchie lui avait également affermé la perception de certains impôts (charge extrêmement lucrative qui sera tenue un peu plus tard par les fameux fermiers généraux). Son union avec Isabelle lui apportait la certitude, pour ses enfants à naître, d'appartenir, par leur mère, à une vieille et authentique noblesse.
Désormais, Isabelle de Limeuil devint Madame de Sardiny (Scipion qui avait été anobli par Charles IX, avait francisé son nom et bénéficiait d'armoiries parlantes représentant des sardines d'argent sur fond d'azur). Le couple acheta en 1600 le château de Chaumont-sur-Loire (qui avait précédemment appartenu à Catherine de Médicis puis à Diane de Poitiers et enfin au cousin d'Isabelle, le vicomte de Turenne). Isabelle de Sardiny ajouta désormais à son nom le titre de baronne de Chaumont et de vicomtesse de Buzancy (autre terre et château que possédait son mari). Mais le couple vécut la plupart du temps à Paris, notamment dans le magnifique hôtel particulier situé au 13 de la rue Scipion (du prénom de Sardini) dans le 5ème arrondissement. Isabelle et Scipion moururent tous deux en 1609, elle à 74 ans et lui à l'âge de 83 ans.

Plusieurs enfants naquirent de cette union dont :
• Nicolas Sardini (?), seigneur de Prunay
• Alexandre-Paul Sardini (1574, 1645), baron de Chaumont-sur-Loire, Vicomte de Buzancy en 1609
• Paul Sardini (?, 1667), mêmes titres à la mort de son frère.
• Madeleine Sardini

1) description prise à une note manuscrite figurant parmi les papiers personnels de Monsieur Albert Bélanger.
2) Mr Bélanger, Historien amateur à qui nous devons les recherches sur Isabeau de Limeuil

L’office de tourisme de Limeuil vend un roman « Isabeau de Limeuil, une histoire d’amour au XVI siècle » au prix de 4 euros


Sources :
Contact animatrice : Mathilde Gourgousse
Service Tourisme de la Commune de Limeuil
Tél : 05.53.63.38.90
Email : tourisme@limeuil-en-perigord.com
Site Internet : www.pays-des-bastides.com 

Texte rédigé par Mme Jeannine Colson
(Mme Tartine) : mmetartine2@wanadoo.fr

 

 
 

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