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 Les milieux naturels du Pays du Grand Bergeracois

 



Le territoire du Pays du Grand Bergeracois est riche d'une mosaïque de milieux naturels dont le fil conducteur est la rivière Dordogne.

Savez vous que la Dordogne (comme la Garonne ou la Loire) est un axe d'importance Européenne pour les poissons migrateurs tels que l'alose, le saumon, la lamproie ou l'anguille. Elle a été à ce titre intégré dans le réseau européen NATURA 2000.
Savez vous que les aloses et le saumon atlantique naissent en rivière, puis redescendent vers l'océan où ils vont grandir durant 4 ans. Devenus adultes, ils reviennent sur les lieux de leur naissance pour se reproduire, au prix d'un voyage très épuisant, souvent au prix de leur vie.

La rivière est bordée par une bande de végétation appelée ripisylve, composée d'aulnes, de frênes et de saules, ce milieu se trouve au croisement du milieu aquatique et du milieu terrestre et y entretient des interactions avec ces deux milieux.
Par exemple, le système racinaire des arbres forment un maillage limitant l'érosion des berges provoqué par le courant des rivières. Ces mêmes racines captent les nitrates et les phosphates provenant des activités humaines, limitant ainsi la pollution de notre rivière.
L'ombre du feuillage permet la régulation de la température du cours d'eau, favorable à de nombreuses espèces de poissons.
C'est aussi un abri pour de nombreuses espèces, qui y trouvent refuge mais aussi nourriture.

Quittons maintenant la rivière pour nous rendre sur la rive droite, souvent exposée au sud, la pente se fait souvent importante, la végétation plus rase, avec quelques chênes rabougris, parmi eux le chêne vert, arbre coutumier de conditions climatiques plus proches d'un climat méditerranéen.






Vous êtes sur un coteau calcaire, milieu riche en orchidées sauvages dont vous pourrez découvrir les plus belles représentantes au printemps.
Dans le ciel, les milans noirs (rapace d'une envergure d'environ 1mètre30) tournoient dans le ciel, et parfois gratifieront l'observateur de quelques voltes et piquets dont ils ont le secret.
Un peu plus haut sur la falaise, un autre rapace observe les environs, c'est le faucon pèlerin, qui du haut d'un éperon rocheux où il a installé son nid, s'élance maintenant à la recherche d'une de ces proies favorites parmi lesquelles le pigeon, mais aussi la corneille, ou le choucas. Certaines de ces chasses l'amène à franchir la barrière des 250 kms/h en vol, tout de même!!!

Le secteur de Trémolat et Limeuil sont des lieux propices aux balades permettant la découverte de ces milieux naturels. Ils ont aussi été intégrés dans le réseau NATURA 2000.


Le milieu forestier est aussi bien représenté sur notre territoire.

Au nord ouest, la forêt du Landais, forêt mixte composée de pins maritimes, chênes et charmes est le plus grand d'entre eux fort d'une superficie de plus de 250 km².
Le paysage est bien sur complètement différent, avec des collines et des petits vallons ou coulent de petites rivières telles que la Lidoire.
C'est un massif où vous pourrez observer la Buse Variable, mais aussi le circaète Jean-Le-Blanc et pour les plus chanceux d'entre vous le très rare Autour des Palombes.

Parmi les massifs forestiers près de Bergerac, vous trouverez aussi la forêt de Liorac qui est en partie protégée par une réserve naturelle régionale (accès règlementé). Cette forêt est plus proche de la forêt type périgourdine, où le châtaignier et le chêne dominent, apportant gîte mais aussi couvert à de nombreuses espèces animales, écureuil roux, martre, Pics, grive musicienne et grive draine, loriot d'Europe, et où vous entendrez certainement le soir la chouette hulotte.
Enfin, tout autour de Bergerac, les zones agricoles et viticoles, à l'apparence pauvre réservent là aussi au promeneur discret et à l'oeil aiguisé quelques rencontres sympathiques.

Sur le vignoble par exemple, lors d'une balade de fin de journée, vous pourrez entendre un miaulement, qui pourra vous faire pensez à un chaton en détresse. Il n'en est rien, c'est la chouette chevêche, petite chouette rondelette aux yeux d'or, qui s'apprête à partir en chasse de coléoptères, papillons de nuit et rongeurs. Il est parfois assez facile de l'observer sur le toit de vieux hangars à tabacs ou dans un vieux pommier.


Rendons nous maintenant au Sud-Sud Est de Bergerac, autour d'Issigeac, sur un plateau céréalier, à l'ambiance et au paysage radicalement différents de la vallée de la Dordogne.

Ici, les oiseaux ont pour beaucoup choisi de nicher au sol, dans les cultures, milieu qui a remplacé les grandes prairies verdoyantes d'antan.
Parmi ces espèces, tout le monde connaît la perdrix rouge ou l'alouette des champs, ou peut être la caille des blés.

Mais savez-vous que l'on y trouve aussi des espèces rarissimes, telles que le busard cendré, l'oedicnème criard, l'engoulevent d'Europe ou le hibou petit duc, très audible durant les soirées d'été? La présence de ces espèces a conduit cette zone a être classée ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique)


Mais nicher dans des cultures n'est pas sans risque.
Et c'est ainsi que chaque année, un groupe d'ornithologues part à la recherche du busard cendré, superbe rapace, dont le mâle blanc avec le bout des ailes noires à l'allure élégante, vole lentement au dessus des cultures, à la recherche de campagnols ou de grandes sauterelles.
Mais ce rapace a lui aussi choisi de faire son nid dans les parcelles de blés et d'orges, et ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il n'aura pas le temps d'élever sa nichée avant la moisson.
Alors les ornithologues se postent sur des points hauts, parcourent la plaine, à la recherche des nichées, mais aussi à la rencontre des agriculteurs, qui sont de plus en plus réceptifs et collaborent en donnant leur autorisation d'entrer chez eux, sur leur parcelle, pour trouver et protéger le nid, et parfois de donner un coup de main au repérage. Sans ce travail bénévole, le busard cendré disparaîtrait sans doute de nos plaines, mais avec maintenant à peine 4000 couples en France et seulement de 3 à 5 sur la plaine d'Issigeac, sa préservation est remise en question d'année en année.

Il existe de nombreux sentiers, balisés, qui vous permettront de parcourir les paysages et les milieux naturels du Pays du Grand Bergeracois.
Mais pour éviter le dérangement, ne sortez pas des sentiers, respectez bien-sûr la faune et la flore et gardez vos déchets dans votre sac jusqu'à la prochaine poubelle.


Liste des liens :

Vallée de la Dordogne :
http://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR7200660

Coteaux calcaires : Natura 2000 :
http://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR7200664

ZNIEFF plateau d'Issigeac :
http://inpn.mnhn.fr/isb/zone/znieff/720012946

Réserve naturelle régionale
http://www.aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/reserves-naturelles-regionales-r507.html

Busards : http://busards.lpo.fr/


Auteur : Yannick Lenglet : Consultant en environnement
 

 
 

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