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Un peu d’histoire :
Liorac entre 1820 et 1845...
La lecture des anciens registres d'état-civil et de la matrice
cadastrale - base de calcul des impôts fonciers où figurent
également les patentes - fait revivre un village évidemment
bien différent du Liorac où nous vivons aujourd'hui. Elle nous
réserve certaines surprises.
Les habitants étaient alors considérablement plus nombreux que
nous ne le sommes : Ils sont 697 recensés en 1845.
Parmi eux, 81 heureux propriétaires payent la contribution
foncière.
Une majorité écrasante de paysans. Ceux qui exploitent leurs
propres terres sont de loin les plus nombreux. C'est le
triomphe de la micro-propriété avec ce que cela comporte de
fragilité financière. D'où, pour beaucoup, la nécessité
d'exercer une activité d'appoint.
Les autres, métayers, colons, bordiers (petit métayer
travaillant en famille ou en association avec plusieurs
familles) sont à la merci de baux trop courts et fragiles.
Tout ceci n'aide évidemment pas l'agriculture à progresser.
C'est la routine : les exploitations familiales cultivent des
céréales dont le maïs qui occupe une place de choix, un peu de
pommes de terre et les légumes traditionnels. Vignes, noyers
et châtaigniers constituent des appoints providentiels. Sans
oublier le chanvre et le lin qui, avec la laine des moutons,
habillent nos villageois tout en faisant vivre plusieurs
artisans sur place.
On trouve en 1820 dans le bourg un drapier, Jacques Breton, un
tailleur, Étienne Dussous et un teinturier, Jacques Gérard.
À la Gareille, Pierre "Lambert, à la Raffigne, Jean Delbard, à
la Pigne, Michel Bleyzac et Jean Roussel exercent le métier de
tisserand pendant les longues périodes d'hiver.
N'oublions pas les pieds... À la même époque, Pierre Comte
est sabotier à Lescole et Henry Maceron.-cordonnier à la
Restarie.
On s'habille donc « local », filage et tissage constituent les
activités complémentaires à l'agriculture.
Le sabotier travaille aussi l'hiver et creuse ses sabots, de
préférence dans du noyer.
Ceci nous amène à l'exploitation du bois.
Le massif forestier périgourdin est bien moins étendu que de
nos jours. Les forges locales sont très gourmandes en charbon
de bois. On trouve d'ailleurs un charbonnier à la Queyrouse,
il ne devait pas être le seul.
Liorac comptait en 1820 deux scieurs de long, Pierre Jean Chort et Pierre Coupet; deux charpentiers, Henri Cadet et.
Henri Fougeri. Jean Chassagne avait son atelier de menuiserie
dans le bourg dès 1818, où il utilisait probablement la main
d'œuvre puisée dans sa nombreuse famille.
Jean Poumeyret, installé lui aussi à Liorac, maintenait une
saine concurrence.
Aucune trace de la fabrication des fameux pavés de Liorac dont
les débris jonchent cependant aujourd'hui certains endroits de
la commune, mais un tuilier, Éloi Loubéat et un marchand de
tuiles installé à la Restarie, Jean Boussenot.
Le maçon, Pierre Grégoire, vivait au bourg.
Le travail du métal est bien représenté à Liorac : au bourg,
un forgeron, Antoine Mauquat et un maréchal-ferrant, Marie
Lambert. À Montclard, tout proche, un autre forgeron, Julien
Giniat et le maître de forge, Michel Benoît.
Le taillandier Mathieu Teyssier, fabrique les outils et les
fers tranchants utilisés par les agriculteurs des alentours.
Il n'est pas tout seul. Le Lioracois Gerrand dit Ferroulex
exerce le même métier à Lamonzie.
On a compris que c'est le règne de l'auto-subsistance et le
seul à pratiquer un métier de bouche est le boulanger Prat dit
Pradou. Pas de boucher, on mange volailles et cochons de la
basse-cour - ni d'épicier, en cas de besoin les marchés font
l'affaire. En revanche, les moulins sont nombreux sur la
Louyre : au Moulin Neuf Jean Chadourne, au Moulin de Burette
Jean Bizet, au Moulin de la Boissière Campagnac font leur
métier de meunier.
La vie sociale devait être intense à l'époque à Liorac : pas
moins de cinq cabarets y payent patente !
Ils sont quatre dans le bourg, Jean Chassagne, Guillaume
Lambert, Claude Loublat et Pierre Lavergne. Jean Larouze en
faisait autant à la Filolie.
Passons aux notables : le maire et son garde-champêtre, Jean Lauzeille.
Côté église, un curé à plein temps et certainement très
influent, mais nos archives républicaines sont muettes à son
sujet.
Pas trace de maître, ni d'instituteur, c'est encore trop tôt,
Jules Ferry n'est pas encore passé par là !
En revanche, Liorac bénéficie de la présence permanente, tout
au long du XIX ème siècle d'un médecin ; ce qui n'est pas rien
à cette époque où les fièvres récurrentes dues aux eaux
stagnantes des marais, les maladies de l’appareil
respiratoire, des carences alimentaires et le manque d'hygiène
entraînaient un taux de mortalité nettement supérieur à la
moyenne nationale. Statistiques aggravées par la mortalité
infantile, considérable.
Liorac a donc la chance, en 1818, d'être soignée par le docteur
Charles Labigotie qui vit à La Roche avec ses trois soeurs,
Marie, Ursule et Élisabeth Pourquery de la Bigotie. Un frère
républicain pour trois demoiselles qui le sont moins...
La famille Gay qui a vécu à Liorac, les uns à Garaube,
d'autres à Genthial, à la Raffigne ou au Sorbier, compte
également un médecin qui pratique à Lamonzie.
Régine Simonet
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