Vers
1340 ensuite La Linde longée par l'infranchissable rivière
Dordogne et entourée de remparts est devenue un véritable
point d'appui militaire qui subira plusieurs sièges durant la
guerre de cent ans en 1562 et 1572 lors des guerres de
religion. En 1839-1840, fossés et re-fossés de protection
sont comblés par des matériaux extraits pour le creusement
du canal (1836-1841) et la ville va s'étendre vers le nord et
surtout à l'ouest, hors de ses murailles qui disparaissent
entre 1792 et 1824.
Le train est entré en gare en 1877 et le pont sur la Dordogne
jeté en 1880. Enfin rappelons que les habitants de la cité
qui, au Moyen Age, a été une des premières à être
administrée librement, ont toujours, quelle que soit
l'époque, combattu pour la liberté. Notamment en 1944 où la
Résistance locale a payé un lourd tribu, le 21 juin, jour
maudit où des jeunes Lindois ont péri dans le massacre des
tragiques évènements de Mouleydier.
Lalinde
trouve sa frontière naturelle au sud avec la Dordogne. Son
territoire se compose au sud de terres de plaine et au nord de
coteaux et plateaux dont certains sont le siège de nombreux
vestiges préhistoriques. Située sur l'axe routier
touristique Bergerac-Sarlat, Lalinde tient sa particularité
d'être principalement constituée de quatre bourgs, anciennes
paroisses :
- La ville centre Lalinde entre canal et Dordogne, bastide
anglaise de rivière
- Au nord Sainte Colombe, village médiéval rural dominé par
son église romane dont les fondations datent du XI ème
siècle et le magnifique château de la fin du XV ème
siècle
- A l'Est, Sauveboeuf et ses châteaux dont celui de Larue
inscrit aux Monuments Historiques
- A l'Ouest enfin Port de Couze avec ses industries de
tradition papetière, sa citée ouvrière et ses anciens
moulins étendoirs.
De
son passé La Linde a notamment gardé :
Sa structure ancienne, un quadrillage régulier des rues
autour de la place centrale.
Une base de rempart au-dessus de
la rivière. Quelques autres vestiges :
- le plus vieux est certainement le donjon carré inclus dans
les remparts et encore muni de deux tourelles
(hôtel-restaurant du château actuel)
- deux des huit portes de la bastide : à l'Ouest, la porte de
" Bragéra " (Bergerac) que l'on appelle, à tort,
porte romane ; à droite avant le pont, proche de l'église,
la porte " de Marti ", murée, mais où l'on imagine
très bien qu'en accostant au port, on pouvait pénétrer
directement dans la bastide sur la place où se trouvait la
Maison des Consuls aujourd'hui mis à la disposition de services
du Conseil Général (Centre Médico-Social)
D'abord
village de pêcheurs La Linde est devenue au XIII ème siècle durant
la présence anglaise en Aquitaine, bastide
royale. C'est le Prince
Edouard, fils aîné d'Henri III Plantagenêt et gouverneur de
Guyenne qui décide sa création. Écrit solennel en date du
26 juin 1267 une charte octroie aux futurs résidants terrains
pour bâtir leur maison et privilèges et franchises qui leur
permettent de s'administrer par l'intermédiaire de Consul
élus (1).
Le Sénéchal Jean de Grailly a pour tâche de veiller à
l'édification de la bastide achevée en 1290 avec quatre rues
à quadrillage régulier autour d'une place carrée. L'église
romane déjà existante se situant au Sud-Est à l'emplacement
de l'église Saint-Pierre qui fut inaugurée en 1901.
(1) Après que l'Aquitaine au XV ème siècle soit redevenue
française les rois de France confirment par deux fois cette
charte : 1516 - 1614.
-
Au coin de la place centrale, une croix en pierres érigée en
1351, souvenir du Jubilé, sous le pape Clément VI, qui a
attiré à Rome plus d'un million de pèlerins
- Rue des Déportés autrefois rue de Sainte-Colombe, face à
la place, la Maison du Gouverneur (14 ème siècle) restaurée
en 1995 à cause d'un incendie
- Rue Gabriel Péri, jadis rue Sainte-Catherine, plusieurs
maisons de la bastide dont une bien restaurée.
Notons aussi que sur le vaste territoire communal
existaient deux paroisses autres que celle de Lalinde :
Drayaux à l'Est, ayant donnée naissance au village de
Sauveboeuf et Sainte-Colombe au Nord où, autour de l'église
datant du 12 ème siècle inscrite à l'inventaire des
monuments historiques, subsiste le hameau portant le même
nom.