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Ces transcriptions - disons modernes - ne sont en fait que des
déformations d'un nom qui, bien avant la banalisation de
l'écriture, ne se transmettait que phonétiquement, avec tout
ce que cela comportait d'interprétations, de prononciations,
bref, de risques d'erreurs, de déformations.
Plusieurs hypothèses ont été émises, et, si nous les
mentionnons ici, ce n'est que pour mémoire
- Eymet viendrait du grec Amato qui signifierait aime sang à
cause des nombreuses batailles qui se sont déroulées dans les
environs. (II y en a eu certes, mais pas plus qu'ailleurs, et
plutôt moins, vraisemblablement).
- Eymet viendrait aussi d'une autre définition grecque oui
voudrait dire Aimer, tout simplement, et, de là, la douce
divagation d'un auteur qui trouve en Haymineto : « un
diminutif câlin » !... II faut vraiment avoir de
l'imagination.
- Eymet aurait aussi comme origine le nom d'un chef gaulois, «
Aimos » qui, suivi du suffixe Ato, aurait donné Aymeto ? !...
(dictionnaire des lieux de France de A. Dauzat). Seulement,
Aimos est inconnu au bataillon, et le suffixe Ato, jusqu'à
plus ample information, ne semble pas signifier grand-chose.
Une autre hypothèse, un peu plus vraisemblable, fait dériver
Eymet du celtique Nemetum, qui signifie lieu ou bois sacré.
Par le phénomène d'aphérèse (suppression de la première
consonne), Nemetum serait devenu Emetum, Eymetum, Eymeto, etc...
Certes, les bois ne manquaient pas à l'époque, mais de là à ce
qu'ils fussent sacrés, c'est une autre histoire. L'auteur
(Jean Charet dans : le Bergeracois des Origines à 1340) ne
prenait aucun risque si l'on considère qu'en notre région, bon
nombre de monuments mégalithiques étaient érigés et
représentaient autant de stations cultuelles ou sacrées. Les
lieux Nemetum sont fort nombreux dans la France entière, de
même qu'en Europe occidentale. II n'est guère possible de
retenir cette suggestion pourtant assez séduisante, d'autant
que le dolmen d'Eylias, assez proche, aurait très bien pu
faire l'affaire !
Nous nous permettons toutefois une autre suggestion qui nous
paraît plus plausible, jusqu'au jour, évidement où l'on
démontrera le contraire, éventualité que nous acceptons
volontiers à l'avance.
C'est vraisemblablement à partir de l'âge des métaux, et
peut-être, même antérieurement, que le nom d'Eymet fut déjà
défini.
S'il n'est pas douteux que, depuis le paléolithique supérieur,
!es hommes correspondaient entre eux à l'aide d'un code verbal
encore rudimentaire, ce ne dut être qu'à partir de la
sédentarisation des individus qu'un langage plus précis, plus
technique s'élabora et permit une normalisation et une
extension des échanges humains.
Avant l'arrivée des Celtes, le site d'Eymet, et ses environs,
avait depuis plusieurs millénaires, attiré maintes tribus de
chasseurs. Des pasteurs, puis des agriculteurs leur
succédèrent et se fixèrent en ces lieux particulièrement
favorables à leurs nouvelles activités. Les hauteurs furent
des lieux d'élection hors de la portée des eaux du Drot encore
indiscipliné, mais prometteur de richesses.
Ces hauteurs, dans les vocables pré-celtiques étaient
définies par la racine EYG (Eymoutiers par exemple). Quant au
suffixe MET, de MED, MEDI, il signifie « coupé en deux». Nous
retrouvons ce terme dans MEDlterranée, MEDlateur, MEDIan,
MEDleval, MEDoc, etc...
Si le site avait donc de tous temps, été un lieu de
protection, il devint par la suite un lieu de séparation entre
deux régions distinctes au point de vue géologique,
climatique, ethnologique. Par suite, cette séparation s'est
confirmée dans le cadre historique : Périgord et Agenais, et
administratif : Dordogne et Lot-et-Garonne.
Nous avons donc une première définition vraisemblable EYG =
hauteur, et MEDI = partage, frontière, soit EYGMED.
D'autres occupants successivement implantés dans le Sud-Ouest,
trouvèrent, conjointement à leurs prédécesseurs, un site
géographique favorable à leur mode de vie. Mais, compte tenu
de l'évolution générale des civilisations, de l'augmentation
de la densité de population, de la normalisation du climat, le
critère d'isolement sur les hauteurs ne se justifiant plus, ce
fut près des eaux que la vie se localisa, d'une part dans la
plaine de Bretou, en amont, et d'autre part, en aval, dans
celle de la Palanque. II faut dès lors retenir le préfixe AYAG,
EYEG signifiant eau et toujours MEDI, ce qui donne
EYEG = Eau, et MEDI = partage, frontière, soit EYEGMED.
II se trouve donc que nous avons deux étymologies possibles du
nom d'Eymet qui, bien que découlant de définitions
géographiques différentes, servaient à préciser un même site.
En tout état de cause, l'occupation de la plaine de Bretou à
l'Age de Fer est prouvée archéologiquement par de nombreux
foyers découverts ces dernières années, et qui renfermaient
des vestiges d'ossements d'animaux et de la céramique. Il
reste à faire des découvertes dans la plaine de la Palanque.
Toutefois, ce nom inspire. Nous retrouvons le préfixe PAL =
pieu ou pilotis, et LAGAN = lagune. Cette plaine a donc pu
être occupée par quelque tribu vivant en bordure de l'eau, de
marécages.
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