Imprimer la page Imprimer
Accueil  >  Vos Communes  >  Eymet
Mairie d'Eymet

   

Au sujet de l'origine du nom d'Eymet :
II était assez difficile de situer ce chapitre : fin de la préhistoire ou bien début de l'histoire ? Après réflexion, nous avons décidé de tenter de définir l'origine du nom de notre cité, juste avant la période historique.

 

Les nombreuses orthographes du nom d'Eymet, transmises au cours des siècles ne semblent guère apporter de lumière sur son origine. L'on écrivait aussi bien Aymetum (1308), Bastida Eymeti (1360), Haymineto, Haymetout, Amet, Aymet, Eymeto et Emez (1714).

Ces transcriptions - disons modernes - ne sont en fait que des déformations d'un nom qui, bien avant la banalisation de l'écriture, ne se transmettait que phonétiquement, avec tout ce que cela comportait d'interprétations, de prononciations, bref, de risques d'erreurs, de déformations.
Plusieurs hypothèses ont été émises, et, si nous les mentionnons ici, ce n'est que pour mémoire
- Eymet viendrait du grec Amato qui signifierait aime sang à cause des nombreuses batailles qui se sont déroulées dans les environs. (II y en a eu certes, mais pas plus qu'ailleurs, et plutôt moins, vraisemblablement).
- Eymet viendrait aussi d'une autre définition grecque oui voudrait dire Aimer, tout simplement, et, de là, la douce divagation d'un auteur qui trouve en Haymineto : « un diminutif câlin » !... II faut vraiment avoir de l'imagination.
- Eymet aurait aussi comme origine le nom d'un chef gaulois, « Aimos » qui, suivi du suffixe Ato, aurait donné Aymeto ? !... (dictionnaire des lieux de France de A. Dauzat). Seulement, Aimos est inconnu au bataillon, et le suffixe Ato, jusqu'à plus ample information, ne semble pas signifier grand-chose.
Une autre hypothèse, un peu plus vraisemblable, fait dériver Eymet du celtique Nemetum, qui signifie lieu ou bois sacré. Par le phénomène d'aphérèse (suppression de la première consonne), Nemetum serait devenu Emetum, Eymetum, Eymeto, etc... Certes, les bois ne manquaient pas à l'époque, mais de là à ce qu'ils fussent sacrés, c'est une autre histoire. L'auteur (Jean Charet dans : le Bergeracois des Origines à 1340) ne prenait aucun risque si l'on considère qu'en notre région, bon nombre de monuments mégalithiques étaient érigés et représentaient autant de stations cultuelles ou sacrées. Les lieux Nemetum sont fort nombreux dans la France entière, de même qu'en Europe occidentale. II n'est guère possible de retenir cette suggestion pourtant assez séduisante, d'autant que le dolmen d'Eylias, assez proche, aurait très bien pu faire l'affaire !
Nous nous permettons toutefois une autre suggestion qui nous paraît plus plausible, jusqu'au jour, évidement où l'on démontrera le contraire, éventualité que nous acceptons volontiers à l'avance.
C'est vraisemblablement à partir de l'âge des métaux, et peut-être, même antérieurement, que le nom d'Eymet fut déjà défini.
S'il n'est pas douteux que, depuis le paléolithique supérieur, !es hommes correspondaient entre eux à l'aide d'un code verbal encore rudimentaire, ce ne dut être qu'à partir de la sédentarisation des individus qu'un langage plus précis, plus technique s'élabora et permit une normalisation et une extension des échanges humains.
Avant l'arrivée des Celtes, le site d'Eymet, et ses environs, avait depuis plusieurs millénaires, attiré maintes tribus de chasseurs. Des pasteurs, puis des agriculteurs leur succédèrent et se fixèrent en ces lieux particulièrement favorables à leurs nouvelles activités. Les hauteurs furent des lieux d'élection hors de la portée des eaux du Drot encore indiscipliné, mais prometteur de richesses.
Ces hauteurs, dans les vocables pré-celtiques étaient définies par la racine EYG (Eymoutiers par exemple). Quant au suffixe MET, de MED, MEDI, il signifie « coupé en deux». Nous retrouvons ce terme dans MEDlterranée, MEDlateur, MEDIan, MEDleval, MEDoc, etc...
Si le site avait donc de tous temps, été un lieu de protection, il devint par la suite un lieu de séparation entre deux régions distinctes au point de vue géologique, climatique, ethnologique. Par suite, cette séparation s'est confirmée dans le cadre historique : Périgord et Agenais, et administratif : Dordogne et Lot-et-Garonne.
Nous avons donc une première définition vraisemblable EYG = hauteur, et MEDI = partage, frontière, soit EYGMED.
D'autres occupants successivement implantés dans le Sud-Ouest, trouvèrent, conjointement à leurs prédécesseurs, un site géographique favorable à leur mode de vie. Mais, compte tenu de l'évolution générale des civilisations, de l'augmentation de la densité de population, de la normalisation du climat, le critère d'isolement sur les hauteurs ne se justifiant plus, ce fut près des eaux que la vie se localisa, d'une part dans la plaine de Bretou, en amont, et d'autre part, en aval, dans celle de la Palanque. II faut dès lors retenir le préfixe AYAG, EYEG signifiant eau et toujours MEDI, ce qui donne
EYEG = Eau, et MEDI = partage, frontière, soit EYEGMED.
II se trouve donc que nous avons deux étymologies possibles du nom d'Eymet qui, bien que découlant de définitions géographiques différentes, servaient à préciser un même site. En tout état de cause, l'occupation de la plaine de Bretou à l'Age de Fer est prouvée archéologiquement par de nombreux foyers découverts ces dernières années, et qui renfermaient des vestiges d'ossements d'animaux et de la céramique. Il reste à faire des découvertes dans la plaine de la Palanque. Toutefois, ce nom inspire. Nous retrouvons le préfixe PAL = pieu ou pilotis, et LAGAN = lagune. Cette plaine a donc pu être occupée par quelque tribu vivant en bordure de l'eau, de marécages.


Retour