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Mairie d'Eymet

 

Historique :
Si la bastide a été fondée au Xllème siècle, il y a quelque 700 ans, la présence humaine sur le site d'EYMET remonte à plusieurs centaines de milliers d'années. Sur le gisement de la BRANDE, à 1500 mètres de la bastide, ont été découverts des outils caractéristiques de tous les âges connus de la Préhistoire. Fabriqués à l'aube de notre ère, voici 3000 ans, des bijoux et des objets domestiques rassemblés au musée du château témoignent d'un peuplement à l'âge du bronze. Le dolmen d'EYLIAS et les emplacements de plusieurs menhirs, les peyrelevades, attestent de l'existence d'un culte gaulois, un nemet qui est vraisemblablement l'origine même du nom de la cité.
Puis vint l'occupation romaine et l'éclosion de la civilisation gallo-romaine qui s'ensuivit. A EYMET même et tout autour ont été repérées les traces d'importantes villae qui restent à fouiller, à SERRES, SAINTE-EULALIE et SAINTE-INNOCENCE. La densité du peuplement de ce site privilégié n'a rien d'étonnant; il y a 1500 ans, SIDOINE APPOLLINAIRE, poète latin, écrivait : "Toute cette vallée est tellement entre-coupée de vignobles, fleurie de prés, parsemée de champs cultivés, plantée d'arbres à fruits, délicieusement ombragée de bosquets, arrosée de fontaines, sillonnée de ruisseaux, chevelue de moissons, que ses possesseurs semblent avoir obtenu une image du Paradis."
Aucun écrit ne relate l'histoire du site entre la fin de l'Empire Romain et la formation du Duché d'Aquitaine, un trou de 500 ans qui vit défiler toutes les invasions, vandales, Wisigoths, Arabes et même les vikings remontant les rivières sur leurs drakkars. Seuls vestiges connus de ce passé, quelques bijoux mérovingiens et des sarcophages.

L'histoire reprend son cours aux environs de l'an Mil avec la fondation, sur les bords du Dropt, d'un prieuré dépendant de l'abbaye de MOISSAC; ici-même, au carrefour de deux anciennes voies romaines, fut établie une motte féodale ceinte d'une palissade en bois, bientôt remplacée par un castrum, base du château fort dont nous voyons les importants vestiges. L'histoire d'EYMET commence officiellement le 28 juin 1270 avec l'acte de fondation de la bastide. L'emplacement ce la future cité appartient alors au ressort de MARMANDE, située en Agenais, domaine des Comtes de TOULOUSE; Alphonse de Poitiers, frère du roi de France Louis IX (Saint-Louis) est devenu Comte de Toulouse en 1249, à la mort de son beau-père RAYMOND VII, dernier représentant d'une puissante dynastie dont le domaine s'étendait du Marmandais jusqu'au Rhône. Alphonse entreprend alors l'édification de toute une série de bastides, villes nouvelles, qui vont assurer le quadrillage de l'Agenais, son nouveau domaine.
Au nord de ce comté, SAINTE FOY, fondée en 1255, CASTILLONNES en 1259, VILLEREAL en 1267 et enfin EYMET en 1270 jalonnent la frontière avec le Périgord.

En 1271, Alphonse de Poitiers étant mort sans descendance, le comté de Toulouse et l'Agenais reviennent à la couronne de France en application du traité de Meaux de 1229. Donc, un an à peine après sa fondation, Eymet devient française. Pas pour longtemps: 8 ans plus tard, par le traité d'Amiens, l'Agenais est cédé au roi d'Angleterre Edouard 1er et à partir de 1279, c'est le drapeau aux léopards des Plantagenêt qui flotte sur le donjon. Possession contestée plusieurs fois par les rois de France, mais qui sera maintenue indirectement tout au long du XIVème siècle, la bastide ayant été concédée à la famille de PELLEGRUE par les rois d'Angleterre. Pendant la Guerre de Cent Ans, à partir de 1337, elle changera plusieurs fois de mains, mais ne sera tenue que brièvement par les partisans du roi de France. L'histoire a retenu la bataille du 1er septembre 1377, relatée par FROISSART, le plus célèbre chroniqueur de l'époque. Bertrand Du GUESCLIN qui commandait les troupes du duc d'ANJOU, frère du roi Charles V venait de reprendre aux Anglais, très provisoirement, plus de 100 places-fortes, villes et châteaux en Aquitaine. Il avait mis le siège devant BERGERAC, puissamment fortifiée et tenue par Thomas FELTON, sénéchal du roi d'Angleterre en Aquitaine. Pour en abattre les murailles, il fit quérir à la REOLE un engin de siège, appelé la Truye, sorte de bélier poussé, dit FROISSART, par plus de cent hommes. Prévenu, Thomas FELTON tendit une embuscade au convoi à l'entrée d'EYMET.
Du GUESCLIN, qui avait eu vent de l'affaire, fit attaquer le contingent ennemi par son lieutenant Jean de BUEIL. De nombreux soldats anglais et surtout gascons se noyèrent dans le Dropt au lieu-dit le Gua de Roupy, à l'entrée sud d'Eymet, lieu que les vieux Eymetois appelaient encore au début du XXème siècle le trou des Anglais. FELTON fut capturé avec les sires de DURAS, de RAUZAN et de MONTFERRAND, bientôt libérés contre rançon. Le convoi reprit sa route et la truye se trouva bloquée à la porte Sud d'Eymet, trop étroite, qu'il fallut en partie abattre. Cette porte fut derechef appelée porte de l'Engin et la rue qui y aboutissait est aujourd'hui encore la rue de l'Engin. Les murs de la ville, construits vers 1320, étaient alors percés de 4 portes principales détruites avec les remparts en 1830 et d'une plus petite, le portanel, donnant sur le Dropt et qui existe toujours. Après le rapide passage de Du Guesclin, à la mort de Charles V en 1380, EYMET, comme toute la région, retomba sous l'influence anglaise, à travers les PELLEGRUE, seigneurs d'EYMET et de SOUMENSAC, et les GOT, famille du pape Clément V, maîtres de la puissante châtellenie de PUYGUILHEM, tous fidèles soutiens des rois d'Angleterre.
S'ouvre alors une période de profonde misère où dans les campagnes désertes, les seigneurs locaux se livrent au pillage, le seigneur d'EYMET, ceux de BRIDOIRE et de THEOBON, le clerc de ROUQUETTE et Robert KING, capitaine de PUYGUILHEM s'illustrant particulièrement par leurs exactions à BERGERAC et dans la vallée de la DORDOGNE.
On ne connaît pas la date exacte de la fin de la présence anglaise à EYMET. Seul repère historique certain, la soumission de Gilbert de PELLEGRUE au roi de France Charles VII, en juin 1451, à l'occasion de la première occupation de BORDEAUX par les Français, deux ans avant la bataille de CASTILLON le 17 juillet 1453 où la défaite des anglo-bordelais marque officiellement la fin de la Guerre de Cent Ans et de 300 ans de présence anglaise en Aquitaine.
A peine 80 ans plus tard, la région d'EYMET était gagnée par le protestantisme naissant. Dès 1535, un membre du Parlement de Bordeaux écrivait à la reine Catherine de Médicis : "Madame, par l'extrait des informations que nous envoyons à Sa Majesté, nous trouvons que BRAGERAC, SAINTE-FOY, AYMET et autres lieux commencent à s'éloigner grandement de la parole de Dieu et de l'Église".
Les CAUMONT, alors seigneurs d'EYMET et de PUYGUILHEM avaient embrassé la religion réformée, comme les DURAS; François de CAUMONT et un de ses fils furent d'ailleurs massacrés à PARIS le 24 aoùt 1572 pendant la nuit de la Saint- Barthélémy. Rien d'étonnant donc que la reine de Navarre, Jeanne d'Albret et son fils Henri de Navarre aient trouvé dans la région nombre de maisons amies alors qu'ils étaient traqués par MONTLUC, chef du parti catholique. Dans les années 1570, on signale le passage de l'un ou de l'autre à EYMET, LA SAUVETAT, LEVIGNAC et SADILLAC, alors importantes places protestantes. A partir de 1580, Henri de Navarre, devenu chef militaire des protestants, conduira les opérations contre les troupes royales à partir de NERAC et de SAINTE-FOY et, de ce fait, passera souvente fois à EYMET. C'est après sa victoire décisive de COUTRAS, en octobre 1587, qu'il écrira une longue lettre à sa maîtresse Diane d'Andouins, la belle CORISANDE, lettre datée d'AYMET le 15 mars 1588 et qui se termine par : "Je vous envoie mille millions de baisers d'AYMET." II deviendra le plus populaire des rois de France un an plus tard, en 1589, sous le om d'Henri IV.
Son fils et successeur LOUIS XIII s'efforcera au contraire d'extirper la religion protestante de la région. Retenu à EYMET à la mi-juillet 1621 par des pluies torrentielles alors qu'il allait assiéger TONNEINS, il donna l'ordre de raser le temple et fit démanteler les remparts du château de PUYGUILHEM, propriété des CAUMONT.
La religion réformée était profondément enracinée puisque le 19 septembre 1671, cinquante ans plus tard, LOUIS XIV prit un arrêté ordonnant la destruction du temple qui avait été construit, ou établi en un autre lieu. C’est une ordonnance impériale de Napoléon 1er, en 1804, qui autorisera la construction de l’actuel temple sur l’emplacement de l’ancien.
A partir de là, l’histoire d’EYMET se confond avec l’histoire de France…


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