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Mairie de Capdrot

Textes issus du rapport de fouilles de Melle Dominique Bonnissent, archéologue

Notre Dame de Capdrot

L'église de Capdrot est considérée comme l'un des plus anciens édifices religieux du Périgord, et l'on fait remonter sa fondation aux alentours du Xe siècle. Cependant, la date de construction exacte de l'édifice et de sa fondation est inconnue.

L'histoire mouvementée du site.

L'église de Capdrot devait déjà au XIIIe siècle revêtir une certaine importance, car sa juridiction s'étendait sur les paroisses environnantes.
C'était en 1267 le siège d'un archiprêtré, dont Raynaud Mercadier était titulaire. Le chapitre de Capdrot apparaît dans les textes en 1286, lors d'une convention passée avec les consuls de Monpazier.
En 1318, elle est érigée au rang de Collégiale. L'église était desservie par un nombreux personnel ecclésiastique, comprenant des chanoines, des chapelains et de simples clercs.

La collégiale ne fut à son apogée que quelques décennies car de nombreux fléaux s'abattirent tour à tour sur le village et sur les édifices religieux.
-Dans un premier temps elle perdit un de ses droits, quand une bulle de Clément VI, en 1343, autorisa les chapitres de Montauban, Castres, Alet, St Papoul et Sarlat, à élire leurs évêques sans l'avis des chanoines des collégiales.

-1350 : épidémie de Peste Noire, les populations civiles et ecclésiastiques sont décimées.
-Les ravages de la guerre de Cent Ans, puis ceux des routiers, continuent à faire sombrer le village de Capdrot. Les routiers s'en prennent à la Collégiale et provoquent un incendie vers 1368 qui détruit la tour circulaire de la façade occidentale, connue par le sceau du chapitre.
- Nouvel incendie en 1390, les ruines sont réparées.
-A la fin du XVe siècle, en 1485, l'archiprêtre Pierre Griffoul décède, cette charge est alors revendiquée par Armand de Gontaud, simple clerc, qui occupe l'église avec une garnison. Les chanoines sont obligés de fuir à Monpazier.
La Collégiale, presque anéantie par les ravages de la peste, les guerres anglaises et les routiers, ne survivait plus que grâce à quelques chanoines.
-En 1490, le chapitre est tout de même reconstitué, mais la Collégiale est très appauvrie et l'archiprêtre de Capdrot, Raymond Cavallier, et les chanoines, demandent eux-mêmes la translation du chapitre à Monpazier. L'ordonnance de Pons de Salignac, évêque de Sarlat, le 14 juillet 1490, autorisa la translation.
-A partir de la fin du XVe siècle, l'ancienne collégiale reprend le rang de simple paroisse rurale. Un incendie en 1575 ravage à nouveau l'édifice.


Vierge Noire

Un lieu de pèlerinages

Notre Dame de Capdrot est considérée comme un important lieu de pèlerinage au XIVe siècle. Le site est connu pour sa fontaine du pèlerinage remarquable par la "largeur de son bassin et l'élégance de sa construction". Cette fontaine est toujours présente, bien que le bassin ait disparu. Elle est située à quelques centaines de mètres au sud-ouest de l'église, le long de la route montant au bourg
Il est probable que la dévotion à Notre-Dame-la-Noire ne devint populaire qu'après l'érection de l'église de Capdrot en collégiale.
La collégiale est recensée, du XIIIe au XVIIe siècle, comme un lieu possible d'étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.

Ce centre religieux était donc un lieu de pèlerinage où l'on a vénéré, pendant tout le Moyen-âge, mais surtout au XIVe siècle, la statue de la Vierge Noire.
Notre-Dame-la-Noire était une statue miraculeuse que l'on vénérait dans tout le pays. Ces statues sont de petites dimensions, la Vierge est souvent assise et elle porte l'enfant Jésus. La statue primitive de Capdrot était en pierre noire, on ignore totalement ses origines. Les Vierges noires sont traditionnellement associées au culte de l'eau et souvent situées près des sources et des puits.
La Vierge Noire aujourd'hui placée dans l'église, est une oeuvre du sculpteur Dorillac. Elle a été exécutée en 1953, et reproduit l'ancienne statue d'après le sceau de l'archiprêtre.


L’édifice


L'édifice présentait à l'origine un plan de type roman, en croix latine, avec un chevet à une abside principale et deux absidioles latérales. L'historiographie du site révèle de nombreux remaniements que l'on retrouve en plan et en élévation. En premier lieu, le plan du chevet tel qu'il est aujourd'hui présente au moins deux grandes étapes de construction. En effet le chevet primitif, à trois absides, a été dans un second temps, enveloppé d'un mur formant ainsi un chevet plat. Cette transformation pourrait avoir été effectuée à l'époque moderne. Cette modification explique à l'intérieur, la présence des niches latérales, maintenant aveugles, sur l'abside du choeur et les deux absidioles. La profondeur des baies, comme on le constate sur le plan, a été augmentée pour les trois absides, voûtées en cul-de-four. Une crypte est située sous l'absidiole sud.
Le transept est large de trois travées, les deux travées du nord ont été voûtées, semble-t-il à l'époque Moderne. La nef est seulement large d'une travée et longue de deux. Elle est couverte d'un plafond de plâtre. Comme l'avait justement observé l'abbé Monmont, les murs de la nef sont trop étroits pour recevoir un berceau en plein cintre de cette taille. Cette nef n'a jamais supporté de voûte, et a toujours été couverte d'une charpente.
L'observation de l'élévation extérieure de l'édifice révèle à l'angle ouest du transept nord un chaînage en attente. Il a donc été prévu lors de la construction du transept, d'élargir un jour la nef d'une ou deux travées supplémentaires.
Le clocher a été reconstruit à la fin du XIXe siècle, entre 1875 et 1877 par l'architecte A. Bouillon fils. On constate que le projet ne ressemble guère à la construction actuelle.
On peut retrouver la disposition du portail primitif grâce à l'ancien sceau du chapitre et de l'archiprêtre. Le portail était alors surmonté d'une tour ronde percée de baies en plein cintre.
D'après Monmont, il ne subsiste de l'ancien édifice que le chevet avec ses trois absides.

Des travaux d'assainissement et de restauration, organisés par le Service Départemental de l'Architecture de la Dordogne, ont donné lieu à une campagne de fouille en sauvetage urgent autour de l'église.

Les fouilles réalisées autour de l'ancienne collégiale de Capdrot ont permis de dégager de nombreuses informations, jusqu'alors inconnues, sur l'histoire du site.

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