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Acuèlh  > Cultura occitana  >  Mots et expressions d’origine occitane
 

 
 

 

 

 

Voici des expressions souvent entendues dans le Bergeracois. On pourrait penser qu’il s’agit d’incorrections. Il n’en est rien ! Ces expressions, ces tournures, sont «autant de signes reconnaissance, d’appartenance à un milieu, à une éducation, à un passé, à une histoire, à un univers culturel» (Yves Lavalade). Ce n’est pas du «français régional», non, il s’agit bien d’occitan authentique, appelé parfois, bien à tort, «patois».
Et ne dites pas à ceux qui les emploient qu’ils ne sont «pas français».
Il s’agit ici d’un florilège. Il en manque beaucoup. Si vous en connaissez, aidez-nous, nous agrandirons notre bouquet…
Jean Claude  Dugros de Novelum (section Périgord de l’Institut d’Etudes Occitanes)




Adieu ! :
En occitan, on dit adieu ou adiu autant en arrivant qu’en partant… Il s’agit d’un salut amical, de passage. En se quittant on dit : Au reveire ! ou Adiussiatz ! (Dieu vous protège).

Acheter (s’)
occitan s’es ‘chaptat un costume tot nuòu «il s’est acheté un costume tout neuf».

Baboye, bamboye :
una babòia «un grand nigaud». Onomatopée bab-, indique le mouvement des lèvres.

Bader
: 1/ «rester bouche bée, sous l’effet de la surprise ou de l’admiration» 2/ «bayer aux corneilles, demeurer sans rien faire», occitan badar, du latin *batare, de patere «être ouvert».

Badée «hurlement», occitan badada «grand cri».

Barrancou
: «barreau d’échelle ou de chaise». Par extension : «bâton», occitan barrancon, de barra, du latin *barra : de vara (traverse en bois, chevalet).

Barrer
«fermer», occitan barrar (voir ci-dessus).

Barri (ou barry)
: «faubourg, quartier d’un village», vient du prélatin barr- «hauteur rocheuse».

Bart(h)e : «terrain inculte, couvert de broussailles», de l’occitan barta, rattaché à une racine prélatine bar «pierre», d’où «terrain pierreux».

Besoin (ça fait) : «c’est nécessaire» occitan quò fai besonh.

Biais : «manière de faire», «adresse», «habileté», «façon». Même mot que le français biais, mais avec une valeur bien différente en occitan, du latin *bifasia.

Bouci «morceau» occitan bocin. Boucinou «petit morceau», occitan bocinon.

Buffer «souffler», occitan bufar, onomatopée buff.

Cabot : «chevesne, poisson d’eau douce», de l’occitan cabòs, de cap, «tête» (poisson à grosse tête)

Cabretaïre : «joueur de cornemuse», de l’occitan cabreta, proprement «petite chèvre» (l’animal dont la peau sert à confectionner l’instrument de musique), de cabra, du latin capra.

Cagade «entreprise manquée, ânerie», de l’occitan cagada (sv cagar «déféquer», employé dans une foule de locutions familières).

Cagne «indolence, nonchalance, paresse, langueur, laissez-aller.» Aver la canha «être nonchalant, paresser».

Cagnas : deux possibilités : 1/ canhàs : «gros chien, mâtin, vilain chien» ; canhàs (ou canhard) «temps chaud et humide».

Calel, caleil, chaleil «ancienne lampe à huile», de l’occitan calelh (chalelh), du latin caliculu «petit calice, petite coupe».

Cantou «coin du feu, dans l’âtre de la cheminée», occitan canton «coin» (Cf Lo ser al canton, recueil de poésies en occitan, du Dr Boissel.)

Carrer (se) «se croire, faire le fier». Occitan se carrar.

Chabrol (chabrot) «reste de bouillon de la soupe qu’on boit à même l’assiette après y avoir ajouté du vin rouge», étymologie obscure, peut-être chabra, cabra.

Clouque «poule qui couve ou qui mène les poussins», de l’occitan clocar «glousser», onomatopée.

Connaître (se) occitan se coneis pas «ça ne se connaît pas, il n’y a pas de résultats».

Couderc «petit pré communal, ou espace herbu autour de la maison» ; de l’occitan coderc, très ancien, hérité du gaulois. (Cf la place du Coderc à Périgueux).

Cramer «brûler, roussir», occitan cramar, latin cremare «faire brûler».

Cussou 1/ «vrillette ou vers du bois» 2/ charançon des grains et des légumes secs» 3/ Au figuré : individu avare, vieux grigou», mot occitan cusson, du latin cossu «ver du bois» ; Cussonné 1/ «vermoulu (en parlant du bois)» 2/ «charançonné», mangé par les vers (grains, légumes secs).

Douzil «fausset de barrique», mot occitan dosilh, du latin duciculu ; de ducere «tirer, conduire».

Drolle 1/ «petit garçon, petite fille» 2/ «jeune homme, jeune fille» 3/ drolles au masculin pluriel «enfants (garçons et filles)». D’après l’occitan dròlle, dròlla. Aucune connotation péjorative avec le français drôle.

Eh bé ! «hé bien» Hé bé, petit ! Rien de péjoratif, exprime la surprise, devant témoin.

Émalir (s’) «se mettre en colère», occitan s’esmalir, du latin malitia «méchanceté».

Entre dans la locution entre autre «un sur deux», par exemple un jour entre autre. Locution calquée sur l’occitan.

Ensuqué occitan ensucat «qui a pris un coup sur la tête», «assommé», de suc «sommet», du prélatin *suk-k (hauteur).

Esclafer «aplatir, écraser», occitan escalfar, du germanique klapfen.

Espérer «attendre», de l’occitan esperar.

Espoutir «écraser, fracasser», occitan espotir, du latin *expultire «mettre en bouillie».

Faire 1/ locutions de bon faire, de mauvais faire «facile, difficile à faire» 2 / faire à «jouer à» 3/ s’y faire «s’affairer, faire des efforts» s’y faire (avec quelqu’un) «se mesurer à quelqu’un» 4/ «exercer un métier» : faire gendarme. 5/ ça fait trois mois qu’il est mort «il y a trois mois…Toutes ces locutions sont des calques dialectaux.

Fenestrou, finestrou «petite fenêtre». Très usuel, car le français ne connaît pas de diminutif de fenêtre, occitan fenestron, finestron, du latin fenestra.

Fermé dehors (être) «être dans l ‘impossibilité matérielle de rentrer chez soi» occitan ai perdut mas claus ; sei barrat defòra «j’ai égaré mes clefs ; je suis fermé dehors».

Fissouner «piquer, aiguillonner», occitan fissonar ; fissou «aiguillon des insectes ; langue de serpent». Au figuré : mauvaise langue, langue de vipère», occitan fisson dérivé du verbe latin fixare «piquer».

Flambusquer : «passer à la flamme, une volaille plumée par exemple», occitan flambuscar, de flambar,

Floque «un noeud» occitan flòca.

Foncer «financer, payer», occitan fonsar.

Fousiquer « fouiller, fureter » mais aussi « s’agiter, remuer », occitan fosicar ou fosigar, du latin fodicare « pousser ». On appelle fousic (occitan fosic), un enfant remuant, turbulent, tracassier.

Frétisse «frottée, pain frotté avec de l’ail», occitan fretissa.

Gabarre «péniche» emprunté à l’occitan gabarra.

Galapian «vaurien, mauvais sujet». Mot d’origine obscure.

Gansouiller «patauger, barboter», occitan gansolhar, vient peut-être de gadolhar, ou de sangolhar «salir, crotter».

Gnaquer : «mordre, happer», occitan nhacar, onomatopée (bruit de la mastication).

Gardèche «petit poisson de rivière : ablette ou vairon» occitan garlecha, garlesca.

Gaulhasson «petite mare, flaque boueuse», gaulhar «enfoncer le soulier dans la boue, tiré de gaulha «boue», du latin vadu «gué, bas-fond», croisé avec gadolha.

Genzis, gengis «agacement des dents». On reconnaît la racine latine ginciva «gencive».

Gnorle «plaisanterie, baliverne, blague, galéjade». Occitan nhòrla. «Cette histoire drôle, un peu crue, peut aussi se présenter sous les auspices du vers ou de la prose. Elle assure une partie de la pérennité de la langue d’oc ; car, en français, elle deviendrait plate et banale : un frouillou garanti au conteur.» (Lavalade et Peyremaure, Tournures limousines, Souny, p. 33). On dit aussi viorle, de l’occitan viòrla.

Goût : dans l’expression occitane a un gost, ton bolhon : «il commence à aigrir, à tourner».

Grattons «morceaux de graisse, fritons».

Groul(l)e «savate», occitan grola, gorla du latin grullu «bateau».

Homme «mari» occitan quò es son òme «c’est son mari».

Jour : L’i a un jorn jos la pòrta «la lumière du jour passe sous la porte.

Lever la table occitan levar la taula ; on dit aussi plegar la taula «débarrasser la table après le repas».

Lignaud «ligneul, frein de la langue», occitan linhòl, du latin *lineolu.

Limande «armoire à linge», occitan limanda, origine inconnue.

Marquer mal occitan quò marca mal «ça la fiche mal».

Mascagner «travailler péniblement, fatiguer» mais aussi «charcuter, manier mal proprement ou rudement» occitan mascanhar, du latin médiéval masticare « mâcher ».

Mila-dieu ! : «mille-dieux !» juron classique, à noter que les jurons en occitan n’ont pas la même force qu’en français… les termes injurieux sont utilisés comme vocatifs cordiaux et familiers, surtout pour prendre à témoin.

Pain (ça ne mange pas de)
occitan quò minja pas de pan «ça ne rapporte pas, mais ça ne coûte rien». Sagesse paysanne…

Pantalons
employé au pluriel en occitan.

Pauvre occitan lo paubre Raimond «le défunt Raimond».

Péguer «coller, être gluant» Pégous, -ouse «poisseux, gluant», de l’occitan pegar, de pega, poix.

Peille, peillou «chiffon» ; langue de peille «langue de vipère ; peillaraud «chiffonnier» (se dit de quelqu’un mal habillé), occitan pelharaud, de pelha, du latin pillea.

Pétarou «moto, mobylette ; tout engin pétaradant».

Pétas «morceau d’étoffe pour rapiécer», Pétasser «rapiécer», mais aussi «s’arranger entre soi», de l’occitan petaç, du latin pittaciu, du grec pittakion. Pétassou «petit morceau de tissu», en occitan petaçon.

Plancarde «pancarte», occitan plancarda.

Plier «envelopper, emballer mais aussi «ramasser ses affaires ; plier bagages».

Pote (faire la) «faire la moue», occitan far la pòta ; la pòta «la lèvre».

Poutou (faire un) «donner un baiser», Poutouner «couvrir de baisers», dérivé de l’occitan pòt, lèvre.

Qu'es aquò ? : En Bergeracois, on dit : Qué quò es ? (prononcer [ké koï]) : «qu’est que c’est ?» et la réponse est : Quò es [koï] : «C’est…» «Cela est…»

Quiller 1/ «dresser» 2/ «ériger», de l’occitan quilhar, de quilha «quille»

Ramée «ondée, bonne averse». Occitan rama «branche» (comme des branches que l’on abat violemment).

Rapiette «lézard gris», occitan rapieta, peut-être de grapiar «monter».

Roumer «marmonner, râler», occitan romar, du latin rheuma «catharre, rhume».

Rouste «volée». Mot argotique venu de l’occitan, qui en a fourni un bon lot.

Sadol
: «rassasié». Avoir un sadoul de quelque chose : en avoir assez. Occitan sadol, latin satullus.

Sanquette ou sanguette «sang de volaille (parfois d’autres animaux) que l’on mange frit et assaisonné d’ail et de persil», de l’occitan sanqueta.

Seille
«seau», en occitan selha, du latin situla.

Sépulture
«enterrement».

Serrer
«ranger», occitan sarrar, du latin *serrare «clore» ; de *serare «fermer avec une barre» ; attraction de serra «scie». On emploie aussi ce verbe pour dire qu’il a gelé fort Quò a sarrat, aquesta nuèch ! «ça a serré, cette nuit !»

Tailler
«couper». Influence de l’occitan qui dit talhar pour «couper» et copar pour «casser».

Terme
«coteau, talus, tertre», de l’occitan tèrme, du latin termen.

Tomber
: «faire tomber» ai tombat mon mochanas «j’ai fait tomber mon mouchoir».

Collections de 'Toupines' (photo Les Pesqueyroux) Toupi
: «pot, de terre, de métal ou de verre» Toupine «pot de terre ou de grès, à deux oreilles, utilisé pour les conserves», occitan topin, topina, du germanique top.

Tourrin
: 1/ soupe à l’ail ou à l’oignon dont il existe diverses recettes 2/ porter le tourrin aux nòvis (mariés) : apporter aux jeunes mariés, pendant la nuit de noces, une soupe de même recette, mais excessivement poivrée. De l’occitan torril, dérivé du latin torere «griller».

Trempe
«trempé».

Trempil : tremper du pain dans du vin, occitan trempilh, de trempar «tremper».

Velle
«veau femelle», occitan vedèla.

Ventrêche
«panne de porc, poitrine de porc», occitan ventresca, ventrescha

Vergne
«aulne», occitan vèrnhe, le terme français étant tout à fait inusité et même inconnu dans le Sud-Ouest.

Viet d’ase
: marque la surprise, l’admiration ou la désapprobation. Expression signifiant littéralement : «pénis d’âne». Cette exclamation est connue partout.

Vote, bote
«fête patronale», francisation du mot occitan vòta, du latin votum «voeu».


Ouvrages consultés :
Jacques Boigontier, Dictionnaire du français régional du Midi toulousain et pyrénéen, édition Bonneton, 1992, 156 pages.
Yves Lavalade Jacques Peyramaure, Tournures limousines, viradas lemosinas, Lucien Souny, 2003, 88 pages, 10 euros ISBN 2-911551-52-4
Frédéric Mistral, Dictionnaire provençal-français, Lou Tresor dóu Felibrige, Edisud 1972, 2 vol.
 
 

 
 

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